Prix scientifique

Justine Huart récompensée par la médaille du Prix Alvarenga de Piauhy de l'Académie royale de Médecine



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©️ CHU de Liège

Justine Huart est chercheuse au Laboratoire de Recherche Translationnelle en Néphrologie de l'ULiège et néphrologue au CHU de Liège. Ses travaux, sur le lien entre microbiote et tension artérielle, effectués dans le cadre de sa thèse de doctorat viennent d’être distingués par la médaille du Prix Alvarenga de Piauhy décerné par l'Académie Royale de Médecine de Belgique. 

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hypertension artérielle est une pathologie qui touche une large partie de la population adulte mais dont les mécanismes sous-jacents demeurent encore largement méconnus. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, Justine Huart a décidé d’explorer un facteur inattendu : le microbiote intestinal. Rapidement ses travaux ont confirmé une association entre les niveaux de pression artérielle et la composition du microbiote, ces bactéries intestinales produisant elles-mêmes diverses substances qui circulent ensuite dans l’organisme. Parmi celles-ci figurent les acides gras à chaîne courte (AGCC) - acétate, butyrate et propionate - générés lors de la fermentation des fibres alimentaires. Or, l’étude révèle que les personnes hypertendues présentent des concentrations plus élevées de ces AGCC dans leurs selles.

Au cours de ses recherches, Justine Huart s’est également intéressée aux profils de tension artérielle pendant le sommeil. Normalement, la pression artérielle baisse durant la nuit. Mais chez certains patients, dits « non-dippers », cette diminution ne se produit pas, ce qui accroît leur risque cardiovasculaire. "Chez ces individus, les analyses montrent également des taux plus élevés d’AGCC, sans modification notable de la composition du microbiote, explique la chercheuse. Ce constat suggère que ce sont davantage les substances produites par les bactéries que leur type qui influenceraient la régulation de la tension."

Afin d’affiner ses observations, Justine Huart a suivi ses patients et leurs partenaires pendant cinq ans. Elle a pu constater que, même après plusieurs années, le lien entre la tension artérielle et le niveau d’AGCC dans les selles restait fort, tandis que la composition du microbiote n’évoluait pas de façon significative.

Ces résultats apportent un nouveau regard sur l’hypertension : ce ne serait pas tant la diversité microbienne que son fonctionnement métabolique qui jouerait un rôle clé. De telles découvertes ouvrent des perspectives prometteuses pour la prévention et le traitement de l’hypertension, par exemple en agissant sur l’alimentation et la modulation du microbiote.

Justine Huart poursuit ses recherches dans le cadre d’un mandat post-doctoral du F.R.S.-FNRS, au service de Néphrologie du CHU de Liège et au Laboratoire de Recherche Translationnelle en Néphrologie (GIGA) dirigé par le Pr François Jouret, afin d’approfondir les mécanismes reliant microbiote, muqueuse intestinale et pression artérielle.

A propos du Prix Alvarenga de Piauhy

Lire l'article : Argument en faveur d'un rôle du microbiote intestinal dans la physiopathologie de l'hypertension artérielle

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